6 Causes Majeures d’Échec d’un Projet d’Application Mobile

6 Causes Majeures d’Échec d’un Projet d’Application Mobile
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Vous vous lancez dans un projet de développement d’application mobile ? Bravo, c’est un pas vers la digitalisation de votre entreprise.

Cependant, avez-vous la certitude d’être dans le droit chemin ? Trop souvent les projets mobiles échouent sous faute de préparation et d’organisation. Et ce ne sont pas les redoutables statistiques du Standish Group (tous projets informatiques confondus, pas seulement mobiles) qui vous affirmeront le contraire :

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  • 19 % des projets ne seront jamais terminés (rapport 2015)

Les résultats antérieurs de cette étude ont fait sensation lorsqu’ils ont montré que :

  • Plus de 52% des projets ont un coût représentant 189% de l’estimation initiale.
  • Uniquement 16% des projets se terminent dans les budgets et les délais initiaux ; ce chiffre tombe à 9% pour les plus grands projets.
  • Le délai moyen de dépassement des projets est de 230%.
  • Sur 100 projets lancés, 94 sont relancés.

La situation s’est sans doute améliorée ces dernières années, mais pourquoi de telles dérives ? En voici les principales causes : un projet trop ambitieux, un cahier des charges flou, pas de “bons” chefs de projet, le mauvais prestataire informatique, que vous laissez faire, pas assez de marges de manœuvre…

Les risques d’échec sont loin d’être négligeables… sauf si l’on fait ce qu’il faut. En partant sur de bonnes bases, vous augmentez les chances de réussite de votre projet.

Faites tout d’abord un état de votre projet d’application mobile. Profitez de notre expertise et de notre retour d’expérience, vérifiez où vous en êtes grâce à notre calculateur Excel pour diagnostiquer les risques de votre projet de développement mobile.

Nous vous expliquons pourquoi il est important d’y réfléchir et de s’organiser pour éviter de partir à la dérive.

1. Le projet mobile est trop ambitieux

L’envergure ou le périmètre du projet doit être adapté à vos ressources humaines et financières. Le piège sans doute le plus redoutable d’un projet d’application mobile (ou web !) sur-mesure est de vouloir faire le plus de choses possible.

Les exemples les plus frappants relèvent moins du mobile que du développement logiciel, en particulier dans le secteur public : on pense au logiciel unique de gestion de la paie des fonctionnaires ou au logiciel Louvois de paiement des militaires qui ont été purement et simplement arrêtés après des millions d’euros de dépenses, en pure perte.

Mais les enseignements que l’on tire de ces exemples sont en bonne partie applicables au développement d’une application mobile.

Selon le cabinet d’analystes Gartner, la première raison de l’échec d’un projet provient de sa complexité. Pour Pierre Hessler, conseiller du PDG de Capgemini cité par La revue du digital, les projets informatiques échouent toujours pour les mêmes raisons :

L’informatique vit désormais à l’heure du Cloud et du mobile, pour autant les causes d’échec des projets sont toujours les mêmes (…) Dans les applications, il faut désormais une grande simplicité pour les utilisateurs. Mais cela amène un risque.

Il s’explique :

Il y a une familiarité apparente avec la technologie aujourd’hui. Le risque est que l’on peut confondre et croire que l’on sait ce que fait le développeur et les subtilités qui sont derrière les applications, or ce n’est pas le cas.

Au-delà, lorsque l’on réfléchit aux fonctionnalités d’un projet, qui plus est en groupe, les idées jaillissent avec enthousiasme. Mais il est ensuite difficile de faire la part des choses et l’on a tendance à vouloir tout faire, tout de suite : toutes les idées sont bonnes. Il sera d’autant plus compliqué de tenir les délais et le budget.

Pour éviter ce piège, il vous faut évaluer la hauteur de la marche à franchir par rapport à vos ressources. Si cette marche est trop haute, l’effort à fournir sera trop important et le projet risque fort d’être interrompu à cause d’un objectif inatteignable.

Notre conseil :

Définissez plutôt l’application mobile minimum qu’il vous faut pour démarrer et réfléchissez aux versions successives que vous pouvez envisager. Vous obtiendrez des objectifs réalistes.

Et surtout, les retours que vous recevrez de la première version vous permettront de revoir les fonctionnalités des versions suivantes, d’en ajouter de nouvelles auxquelles vous n’aviez pas pensé ou de supprimer celles qui à l’usage paraissent superflues.

2. Le cahier des charges de l’application n’est pas assez précis

Lorsque le cahier des charges n’est pas assez précis ou pire, s’il n’existe pas, une grande place est laissée à l’interprétation de chacun sur ce qui devra être réalisé.

Il est nécessaire de définir le design et l’ergonomie de l’application mobile, maquettes à l’appui, ainsi que la liste exhaustive des types d’utilisateurs et des actions qu’ils pourront réaliser.

Sans cahier des charges précis, deux agences ou deux développeurs différents ne comprendront pas de la même façon ce qu’il faut faire. La surprise fera rapidement place à la déception, car vous n’obtiendrez pas ce que vous souhaitez.

Si les entreprises ont recours de plus en plus à l’externalisation en matière de développement et de test d’applications, un quart des projets échouent, rapporte une étude récente réalisée par le cabinet Vanson Bourne pour le compte de Micro Focus et de sa division Borland citée par LeMagIT.

Les causes ? Le manque voire l’absence de “gestion des exigences” (c’est-à-dire cahier des charges précis), ont rapporté la majorité des entreprises.

85% des entreprises sondées rapportent s’appuyer sur plusieurs acteurs pour former un cahier des charges. Une tâche d’autant plus difficile que très peu d’entreprises utilisent des outils adéquats capables de gérer, contrôler et partager ces exigences.

La préparation du cahier des charges peut paraître fastidieuse, mais le temps qu’il nécessite sera dix fois gagné par la suite si ce n’est plus ; c’est un investissement indispensable et rentable.

Plus votre cahier des charges sera précis, moins il laissera de doute aux prestataires que vous consultez : vous obtiendrez des offres mieux ajustées, avec un minimum de marge de sécurité pour couvrir les imprévus.

Notre conseil :

Rédigez votre cahier des charges au fur et à mesure qu’un utilisateur avancerait dans votre application mobile. Décrivez les fonctionnalités présentes sur chaque écran.

De plus, si vous possédez les compétences en interne, agrémentez-le de maquettes détaillées. Dans le cas contraire, faites appel à un graphiste freelance ou à une agence. Sachez que votre prestataire mobile peut vous fournir cette prestation et l’inclure dans son devis.

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Si vous ne savez pas comment procéder, faites-vous accompagner pour réaliser votre cahier des charges et obtenir des devis de différents prestataires.

3. Vous n’avez pas de chef de projet mobile compétent, dédié, pérenne

Votre projet a peu de chances d’aboutir s’il n’est pas sérieusement pris en charge par un chef de projet compétent, dédié et pérenne.

Votre prestataire informatique aura besoin d’un interlocuteur unique, disponible et impliqué. Si vous n’êtes pas en mesure de répondre aux questions qui ne manqueront pas de survenir, vous courrez le risque de porter la responsabilité de l’échec du projet.

Attention : ne confondez pas le chef de projet de votre prestataire informatique avec VOTRE chef de projet.

Peut-être avez-vous l’intention d’assurer cette mission par vous-même ? Cela est possible si vous disposez du temps nécessaire, c’est-à-dire plusieurs heures par jour. Car les responsabilités et les tâches du chef de projet mobile sont nombreuses. Il doit notamment :

  • organiser et conduire le projet depuis le cahier des charges jusqu’à la validation finale et la mise en production
  • coordonner le travail des différents intervenants
  • créer les documentations nécessaires au développement de l’application, à l’utilisation de l’outil, etc.
  • ajuster le planning en fonction de l’avancement des travaux

Toutes ces tâches nécessitent une communication constante, primordiale.

Ce diaporama vous résume les missions principales du chef de projet :


Son objectif est de terminer le projet en respectant les délais et le budget, avec une application mobile de qualité et conforme au cahier des charges.

Pour assurer toutes ses missions, votre chef de projet doit être expérimenté ou au minimum formé à la gestion de projet.

Il est essentiel qu’il soit un expert métier du domaine de votre application, car il devra s’assurer de la bonne compréhension de vos besoins par l’équipe en charge de la réalisation du projet.

S’il ne l’a pas écrit lui-même, il devra avoir une maîtrise totale et une compréhension parfaite du cahier des charges.

Il est également important que votre chef de projet soit pérenne. Même si tous les échanges sont écrits et reportés dans la documentation de l’application, un nouveau chef de projet aura besoin de temps avant d’être opérationnel et efficace dans sa relation avec votre prestataire.

Lire également les 7 étapes clés pour réussir votre projet mobile

4. Vous n’avez pas choisi le bon prestataire informatique

Si vous n’avez pas choisi le bon prestataire informatique, cela ne fait pas de doute vous dépasserez vos délais, votre budget et votre projet mobile a de grandes chances de ne pas aboutir.

Envoyez votre cahier des charges à une liste de 3 à 5 prestataires identifiés. Demandez des devis et exigez des engagements fermes sur les prix et les délais de réalisation de votre application.

Sur quels critères choisir votre prestataire ? Nous vous proposons une grille de calcul qui prend en compte :

  • L’expérience : depuis combien de temps le prestataire réalise-t-il des applications mobiles ? Avec quelles équipes ? Avec combien de développeurs ? Possède-t-il des qualifications ou des certifications ?
  • Les références : elles vous permettront de juger de la pertinence du prestataire par rapport à votre projet. Ses réalisations sont-elles du même ordre que ce que vous recherchez ? Faites la différence entre des applications vitrine, des applications de jeu ou des applications de gestion, de mise en relation ou destinées à un usage professionnel sur le terrain.
  • La technologie : pour des applications mobile Apple et Android efficaces, prohibez les technologies hybrides et exigez des applications natives iOS (Apple) et Android. Pour des applications web, vérifiez que les technologies employées sont récentes et largement utilisées.
  • L’organisation : aurez-vous un interlocuteur dédié ? Quelle est l’organisation mise en place par le prestataire pour vous aider et vous garantir une livraison au coût prévu et dans les délais ?
  • Le coût : quel est le montant global du devis ? Est-il détaillé fonctionnalité par fonctionnalité ?
  • Les délais : à quelle date votre application sera-t-elle disponible ? La rapidité de fabrication de votre application dépendra du nombre de développeurs qui y travailleront simultanément.
  • Les services après-vente : en d’autres termes, tout ce qui concerne le contrat de maintenance ou encore l’hébergement de votre application. Le prestataire offre-t-il une période de garantie ?

Notre conseil :

Déterminez l’importance de chaque critère selon votre projet, votre entreprise, votre équipe… et donnez-leur un barème. Attribuez ensuite des points à chaque prestataire.

Celui avec le nombre de points le plus élevé est certainement le prestataire le plus adapté pour votre projet.

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5. Vous laissez faire votre prestataire

Bien souvent, une mauvaise communication est identifiée comme la cause principale de l’échec d’un projet d’application mobile : communication entre les équipes “métier”, la direction de l’entreprise, les prestataires en charge du design, du développement… etc.

Un cahier des charges précis constituera le socle de la communication entre toutes les parties prenantes, mais ce ne sera pas suffisant. De nouvelles questions ne manqueront pas de se poser et des demandes de changement de surgir.

Si vous laissez votre prestataire mobile s’en débrouiller seul, si votre chef de projet n’est pas impliqué pour communiquer au quotidien avec lui, vous courez le risque qu’il fasse les mauvais choix. Revenir en arrière sera compliqué et coûteux.

Les méthodes dites “agiles” ont pour vocation de pallier ce problème en vous mettant au coeur de la réalisation du projet, en vous impliquant au quotidien dans les choix qui sont faits. Il est prouvé que les projets agiles ont un taux d’échec plus faible que les autres.

Mais cela pose un problème d’envergure : une méthode agile vous donne la garantie du délai et du budget, mais pas du périmètre. En d’autres termes, vous savez ce que vous paierez et à quelle date vous serez livré, mais vous n’aurez pas la garantie d’obtenir tout ce qui figure dans votre cahier des charges.

Les méthodes agiles en tant que telles sont donc difficilement applicables aux projets réalisés “au forfait”. Mais l’objectif majeur d’une coopération étroite entre le client et son prestataire doit tout de même être poursuivi :

  • organisez des revues de projet régulières entre votre chef de projet et celui de votre prestataire,
  • consignez les échanges dans un outil de gestion des exigences,
  • préparez ensemble les tests de votre application,

… soyez actif aux côtés de votre prestataire, sa réussite sera la vôtre !

 

Et si vous souhaitez en savoir davantage, trouvez ci-dessous une explication très claire de la méthode Agile.

6. Vous n’avez pas assez de marges de manœuvre

Des imprévus surviendront, cela ne fait aucun doute.

Si vous ne les anticipez pas, vous risquez d’être coincé, faute de temps ou d’argent. Si par exemple vous avez préparé une campagne marketing de votre nouvelle application mobile, il serait catastrophique que l’application ne soit pas disponible à temps.

Il faut donc que les différentes étapes du projet aient été définies, au besoin avec des livraisons intermédiaires qui permettront de ne pas attendre la fin pour devoir tout tester.

Les dates retenues doivent prévoir des marges de manœuvre qui permettront de prendre en compte les demandes de changement qui surviendront.

 

Même principe au niveau financier : sélectionner votre prestataire et négocier les modalités de paiement et de garantie est indispensable, mais pas suffisant.

Il faut prévoir une provision pour

  • financer les travaux supplémentaires et les demandes de changement
  • prendre en compte les coûts d’hébergement et d’exploitation
  • prévoir un budget de support et de maintenance de votre application

Notre conseil :

Déterminez votre budget global avec précision. Et pour cela, rien ne vaut un fichier Excel où vous listez tous les coûts liés à votre projet mobile.

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Découvrez notre méthode : Estimer le Coût d’une Application Mobile en 6 étapes

 

Ces 6 drapeaux rouges doivent tout de suite vous alerter. Si vous souhaitez vous assurer que vous êtes sur la bonne voie, répondez aux questions de notre calculateur pour diagnostiquer les risques de votre projet de développement mobile sur-mesure.

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