La blockchain ou chaîne de blocs est une technologie qui a déjà plus de 10 ans. Elle a été rendue célèbre grâce à son rôle dans les cryptomonnaies et les transactions bancaires. C’est pourquoi dans un article précédent nous vous parlions justement de l’intérêt de la blockchain et des cryptomonnaies pour votre société.

Aujourd’hui, au-delà des cryptomonnaies, nous irons à la découverte d’exemples d’applications de la blockchain et de l’une des solutions que nous avons mis en place pour notre client en matière de traçabilité. Le but est de vous donner quelques pistes de réflexion. Commençons d’abord par vous rappeler ce qu’est une blockchain et comment la blockchain fonctionne, quel est son intérêt pour les entreprises et quels sont les problèmes de mise en œuvre parfois rencontrés.

Qu’est-ce que la blockchain ?

Pour faire simple la blockchain se définit comme un registre numérique public ou privé, accessible en écriture et en lecture par les membres du réseau.

Un registre dans lequel s’écrit un historique de données qui ne peut pas être effacé. Ce registre est actif, chronologique, distribué, vérifiable et protégé contre la falsification par un système de consensus entre les membres du réseau.

C’est-à-dire que la blockchain est installée sur tous les ordinateurs du réseau et ne peut être modifiée sans un consensus de l’ensemble des membres (système du consensus) ou une validation d’un nombre suffisant de membres (système du consortium). Chaque membre possède un nœud du réseau. L’ensemble de ces nœuds va former une chaîne. C’est pourquoi on parle d’une chaîne de blocs.

En fait, la blockchain est extrêmement fiable puisque si un membre de la blockchain souhaite modifier une donnée, il lui faudra convaincre plus de la moitié des membres de la blockchain d’effectuer le même changement.

Le fonctionnement de la blockchain - Infographie

Que dois-je savoir sur la blockchain ?

  • elle est « une technologie de stockage et de transmission d’information sans organe de contrôle » (selon Wikipedia)

  • elle prend la forme d’une base de données qui contient l’historique de l’ensemble des transactions entre ses utilisateurs depuis sa création. Cet historique immuable permet de vérifier la véracité de l’information stockée.
  • elle est distribuée simultanément avec tous ses utilisateurs sans organe central de contrôle
  • elle est un logiciel qui stocke et transfère des données via internet
  • elle est sécurisée par cryptographie (les informations sont cryptées pour assurer authenticité, intégrité et confidentialité)

Les différents types de blockchains

Le terme blockchain ne suffit pas pour comprendre son fonctionnement. En effet, d’autres termes émergent pour définir des logiciels qui utilisent la technologie blockchain :

la blockchain publique (consensus)

Une blockchain publique et ouverte à tous est un registre décentralisé qui offre une transparence immuable de l’information. Tout le monde y a accès en lecture et en écriture. L’information est publique. Elle offre sécurité et transparence car chaque écriture au registre est accessible à tous.

la blockchain privée par consortium

Une blockchain privée est une solution installée généralement par des entreprises. Souvent pour assurer une meilleure traçabilité des produits ou garantir une authenticité, une transparence des données.

Les blockchains privées ont la même structure qu’une blockchain publique. Elles fonctionnent dans un périmètre d’acteurs restreint.

Pour bien comprendre la distinction avec la blockchain publique, prenons l’exemple d’une quinzaine d’institutions financières. Elles pourraient se mettre d’accord et organiser une blockchain dans laquelle un bloc devrait être approuvé par au moins 10 d’entre elles pour être valide. Double modification donc au système originel de la blockchain publique par consensus, puisque non seulement les participants au processus d’approbation sont limités et sélectionnés, mais en plus ce n’est plus la règle de la majorité qui s’impose.

La blockchain privée a donc moins de « nœuds » ce qui la rend aussi plus rapide (rapidité d’exécution des vérifications par contrats intelligents dits « smart contracts »). Elle offre une transparence des données en permettant l’accès à l’historique du registre à tous ses membres.

Blockchain privée ou publique ?

La blockchain privée centralisée

Attention, une blockchain n’est en principe pas centralisée. Pourtant, c’est le cas lorsque les membres participants sont acceptés et déclarés par une entité unique et que les transactions émises par chacun des nœuds ne peuvent être validées que par le nœud central.

En ce sens, on comprend bien les critiques, puisqu’elle s’apparente plus à une simple base de données distribuée entre différents acteurs, avec différents droits d’accès mais un unique organisme régulateur. Pourtant, elle reste plus puissante qu’une base de données. Chaque événement inscrit dans le registre est immuable et traçable grâce à l’historique.

Les blockchains privées de ce type sont généralement utilisées en guise de test au sein des entreprises. Elles sont exploitées pour expérimenter des solutions et apprendre à maîtriser la technologie avant de la déployer.

Quel est l’intérêt d’inclure la blockchain dans votre projet ?

Nous avons relevé de nombreux bénéfices à l’utilisation de la blockchain. En voici les principaux :

Gagner du temps

La blockchain permet de vérifier les données chez l’ensemble des membres de manière rapide et efficace.

Il va de soi que sans la blockchain, auditer les données et vérifier la véracité des informations prendrait énormément de temps.

En effet, la blockchain permet de suivre d’innombrables indicateurs (provenance, qualité, impact climatique et carbone, …), de les restituer de façon diversifiée (du QR code à l’explorateur de blocs) et de les valoriser tout au long de la chaîne beaucoup plus efficacement que les labels ou certifications actuels.

Son fonctionnement est en fait assez simple à comprendre. Avant, pour connaître la provenance d’un aliment, il fallait demander au distributeur qui allait lui-même demander au fabricant (intermédiaire) qui va s’adresser au producteur. Imaginons qu’il y ait de multiples intermédiaires. Dans ce cas il serait encore plus laborieux de retracer avec fiabilité le parcours de l’aliment et cela mettrait énormément de temps.

La blockchain est une chaîne de blocs qui lie les blocs entre eux. Ce lien entre les blocs permet de remonter très facilement à l’historique de l’aliment en liant les données de la chaîne de production jusqu’à la distribution avec tous les intermédiaires que cela nécessite.

Blockchain avantages

Réduire les coûts (+ retour sur investissement)

Bien que la technologie blockchain ne soit pas gratuite, l’automatisation et notamment les contrats intelligents (smart-contacts) engendrent une réduction des coûts considérable. Si aucun organisme central n’est nécessaire pour administrer le projet et que le fonctionnement est automatisé grâce à un logiciel, alors les coûts de fonctionnement (liés à la saisie, à la vérification des informations et aux autres tâches manuelles) sont réduits voire supprimés.

D’autant plus qu’une traçabilité améliorée permet souvent un retour sur investissement (ROI) important. Les consommateurs se tournent vers les marques ou organismes de confiance. Les technologies liées à l’automatisation contractuelle et à la traçabilité sont mûres. Les cas d’usages démontrent une vraie plus-value.

Par exemple, les initiatives B to B, appliquées au suivi de produits agricoles (mais pas seulement), sont déjà solides et la diffusion au grand public imminente. Le ROI va de l’amélioration des chaînes d’approvisionnement à des ventes additionnelles (dans les secteurs en crise de confiance). On pense bien sûr à ceux touchés par la contrefaçon (luxe, médicaments, pièces de rechange …) ou par le manque de lisibilité (environnement, énergie, agro-alimentaire …).

Diminuer les risques d’erreur

Nous parlions du gain de temps dû à l’automatisation des procédures de vérification de données. La blockchain améliore aussi la transparence, la sécurité et la protection contre la falsification des données.

La blockchain vérifie de manière automatisée (et ce grâce à un grand nombre de « nœuds » et aux « smart-contracts ») une grande quantité de données, en fluidifiant les échanges d’informations entre systèmes informatiques et en facilitant les prises de décisions.

Les identités, les transactions et d’autres informations sont vérifiées de manière très fiable et sécurisée afin d’éliminer les risques d’erreur ou de fraude. La blockchain peut ainsi permettre de connaître en temps réel et de manière fiable ce qui est produit, vendu ou acheté.

Par exemple, le projet OpenBazaar.org, une place de marché en ligne de petites annonces, fonctionne sans autorité centrale pour administrer le projet. La plateforme ne génère aucun coût. Elle connecte les gens en pair à pair (peer to peer) et le registre de données est distribué. Tout le fonctionnement est soutenu par la blockchain et les contrats intelligents (smart contract). Si bien que le projet se définit comme un logiciel open source construit pour tous ceux qui souhaitent acheter ou vendre librement, sans frais, sans passer par une entreprise ou une organisation.

 

On reconnaît un très grand intérêt à l’utilisation de la blockchain pour les entreprises. Toutefois, la réussite d’un projet blockchain nécessite de prendre en compte les problèmes de mise en œuvre afin de faciliter l’évolution de l’organisation et du partage des données.

LES PROBLÈMES DE MISE EN ŒUVRE

Tout projet de transformation digitale nécessite de prendre en compte les freins à sa mise en œuvre et les problématiques récurrentes. Afin de diminuer le risque d’échec de votre transformation digitale, nous vous parlons ici des problèmes et questions souvent rencontrés lors de la mise en œuvre de la blockchain.

Organisation de l’entreprise

Comme beaucoup d’autres solutions numériques, l’intégration de la technologie blockchain nécessite de repenser l’organisation de l’entreprise.

La blockchain est par principe décentralisée et transparente. En opposition, encore beaucoup d’entreprises ont un centre de contrôle unique.

La coopération entre les membres de la blockchain est nécessaire y compris avec les concurrents. Nous vous rappelons que la blockchain n’a de sens qu’à plusieurs et que par principe c’est de là que cette technologie tire sa force.

Une blockchain reste adaptable. Comme nous l’avons vu précédemment, l’ouverture de la blockchain peut être limitée comme c’est le cas des blockchains « privées » ou par « consortium ».

 

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Réticence face à une technologie récente

Il s’agit d’une technologie naissante qui, souvent, n’est pas utilisée à grande échelle. Développer un projet de blockchain avec un nombre élevé de membres nécessite souvent l’intervention d’un leader du secteur.

La blockchain possède un potentiel de développement important dans de nombreux domaines.

En 2020, la blockchain est envisagée dans des secteurs tels que l’énergie, la santé, la lutte contre la contrefaçon, l’immobilier, l’assurance, …  Les projets liés à la blockchain sont multiples.

D’ailleurs, un rapport d’IDC (International Data Corporation) prévoit des dépenses mondiales dans les solutions blockchain de 14,6 milliards d’euros en 2023. Selon ce rapport, les dépenses augmenteront à un rythme soutenu tout au long de la période 2018-2023 avec un taux de croissance annuel de 60,2% sur cinq ans.

Le cadre réglementaire

Un autre frein rencontré est lié au cadre réglementaire. En effet, la réglementation qui permettrait d’encadrer l’utilisation de la blockchain n’existe pas encore. Pourtant, de plus en plus de rapports existent sur le sujet et se veulent rassurants.

Le rapport du 20 juin 2018 publié sur le site du Sénat montre un intérêt grandissant pour le sujet et apporte déjà un certain nombre de réponses. Les principales questions soulevées sont liées aux blockchains publiques et aux cryptomonnaies. Elles concernent notamment les régimes fiscaux encore flous pour les utilisateurs de cryptomonnaies, le cadre juridique défaillant et parfois inadapté et la réglementation de protection des données personnelles (RGPD).

En effet, en 2016, le RGPD (Règlement Général sur la Protection des données) met en place le droit à la rectification et le droit à l’oubli. Ces deux exigences sont assez contradictoires avec une blockchain publique immuable et purement pair à pair (peer to peer).

Le rapport du 20 juin 2018 met en avant la position de la CNIL qui ne considère pas la technologie blockchain comme un traitement en soi, mais seulement les applications qui fonctionnent avec la technologie blockchain. La CNIL déclare que l’application doit permettre une meilleure identification du responsable de traitement. Elle invite les développeurs d’applications à réfléchir à des systèmes prévoyant le masquage des informations envoyées sur une blockchain publique. La CNIL « reconnaît que, dans certains cas, le droit à l’oubli, tout comme l’interdiction de transfert des données en dehors du territoire de l’Union Européenne, ne pourront être protégés qu’avec des innovations techniques au niveau des protocoles eux-mêmes. »

En parlant de protection des données, le cryptage apporte et assure une sécurité supplémentaire. Des techniques cryptographiques permettent de fournir une preuve « sans divulgation de connaissance » (Zéro Knowledge) et de prouver l’existence d’une transaction sans en révéler le contenu. Il est ainsi possible d’assurer le masquage d’informations. La blockchain peut donc s’adapter, selon les situations et les besoins de confidentialité.

La fiabilité d’un secteur

Dans des secteurs qui se veulent très fiables se pose souvent la question de l’utilité de la blockchain. Dans ce cas, le secteur peut avoir des préjugés concernant le retour sur investissement. Pourtant la blockchain apporte bien plus que de la fiabilité.

Par exemple, nous pouvons rencontrer cette situation dans le secteur notarial où peu de projets blockchain basculent en production. En effet, l’apport de valeur est jugé faible en comparaison aux systèmes centralisés déjà en place, qui eux sont jugés fiables et correctement intégrés aux process.

Par ailleurs, on pourrait croire qu’une technologie comme la blockchain rend inutile l’existence d’un tiers de confiance et que cela supprimerait le métier de notaire.

Pourtant, Grégoire Delamarche, notaire associé chez Screeb déclare : « La blockchain supprime un certain nombre de vérifications techniques sur le marché secondaire, mais elle ne remplace certainement pas le notaire : notre métier va au contraire consister à être de plus en plus présent à l’avenir en tant que garants humains des transactions, afin de vérifier et d’actualiser régulièrement l’état des biens mis en vente »

Le risque de fraude ou d’erreur restent présents

Bien que la blockchain soit réputée fiable et transparente, le risque de fraude ou d’erreur restent présents.

En effet, il reste possible d’inscrire des données erronées dans une blockchain. La technologie ne règlera pas ce problème qui est lié à l’humain (même si l’utilisation d’objets connectés permet de fiabiliser les inscriptions en les automatisant). Il ne faut pas oublier que la blockchain en tant que telle n’est rien d’autre qu’un registre.

Néanmoins la transparence apportée par ce registre distribué (que personne ne peut contrôler) constitue une désincitation forte à frauder le système, car toute fraude se repèrerait bien plus facilement et rapidement qu’avec les mécanismes actuels. En effet, le système blockchain a l’avantage d’être totalement auditable.

Notons par ailleurs que des entreprises se sont spécialisées dans la surveillance via la blockchain. C’est le cas de Chainalysis qui s’est donnée la mission de traquer la fraude et le blanchiment d’argent grâce à la blockchain pour donner confiance dans les cryptomonnaies.

Exemples d’applications blockchain

La blockchain ouvre de nombreuses perspectives dans des domaines variés.

Assurance & santé

Le risque de fraude pèse énormément sur le secteur des assurances. C’est pourquoi la blockchain est de plus en plus envisagée dans ce secteur.

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La technologie blockchain fluidifie les processus de gestion tout en sécurisant les échanges. Elle permet de diminuer considérablement le risque de fraude, de diminuer les coûts et de rendre ainsi les assureurs plus compétitifs.

On peut envisager l’utilisation de la blockchain pour la gestion des sinistres et les indemnisations. La vérification des informations de manière automatique permet d’éliminer un grand nombre de tâches manuelles.

Par exemple, aux Etats-Unis, Solve.Care est une plateforme d’administration de soins de santé. Elle enregistre tous les événements de soins entre patients, médecins, pharmacies, laboratoires, assureurs, …

Les patients sont autorisés à gérer leurs décisions en matière de soins de santé. Les employeurs peuvent gérer les avantages sociaux et récompenser leurs employés. Les médecins et les hôpitaux peuvent émettre des ordonnances, gérer les rendez-vous et se coordonner avec un spécialiste. L’objectif de la plateforme est de mettre en lien toutes les parties prenantes et d’éliminer les processus inefficaces pour économiser des milliards de dollars de coûts par an.

Toutefois, ce type d’application est interdite en France dans le but de protéger les patients (gestion des données médicales, RGPD). Pourtant, la blockchain dans le domaine de la santé reste possible. Voici un autre exemple.

Toujours dans le domaine de la santé, mais en France cette fois, prenons l’exemple de la fondation Substra. La fondation est engagée dans des projets de recherche collaboratifs. Son projet Healthchain, basé sur une blockchain par consortium, allie blockchain et intelligence artificielle dans le but de faire d’importants progrès médicaux. La plateforme met en relation médecins, biologistes, mathématiciens et chercheurs. La variété des contributeurs est nécessaire mais les données restent au sein des établissements de santé et de recherche. Healthchain doit être déployé à grande échelle courant 2020.

Energie

Il est possible de mettre en place une blockchain dans toutes les étapes de la transaction. Depuis la production jusqu’à la consommation d’énergie, sur les marchés de gros, pour suivre la charge des véhicules électriques en itinérance, pour délivrer des certificats verts bien plus pertinents que les labels actuels, … Les possibilités liées à l’utilisation d’une application blockchain sont nombreuses.

Prenons l’exemple de Bouygues Immobilier et de son projet d’expérimentation de l’autoconsommation collective. Le projet de blockchain permet de tracer la répartition de l’énergie produite par les panneaux photovoltaïques sur le toit des immeubles de l’écoquartier Confluences (Lyon) et consommée localement par ses habitants. Il doit tracer les échanges d’énergie de manière automatisée grâce aux compteurs communicants Linky, déployés par Enedis.

Un autre exemple. La blockchain de TEO (The Energy Origin), start-up d’Engie, a pour ambition de tracer l’origine de l’électricité verte. Thierry Mathieu, son cofondateur, explique « TEO est une solution de traçabilité et de transparence des énergies vertes. Il y a une demande de traçabilité sur l’énergie, comme sur l’alimentaire, et la blockchain permet de suivre le parcours de l’électricité ».

La startup compte sur le déploiement des compteurs communicants Linky pour ouvrir son service aux particuliers. TEO enregistre dans son registre partagé les données sur l’énergie consommée en temps réel, délivre des certificats et calcule aussi les impacts sur l’environnement et les réductions des émissions de gaz à effet de serre.

A terme, cette traçabilité permettra sûrement de mieux comprendre les schémas de production et de consommation d’énergie pour proposer des solutions dans le but de produire et de consommer mieux.

Autoconsommation collective

Sport & Evénements

La blockchain a aussi son rôle à jouer dans l’industrie du sport. L’ensemble des acteurs de la filière sportive peut s’enrichir d’une technologie permettant d’échanger, sans tiers de confiance. Pour plus de transparence, de partage, de sécurité et de traçabilité.

Ainsi, les clubs et associations sportives, les fédérations, les spectateurs et les fans, les athlètes, les institutions voire les organisateurs d’événements pourront se connecter au registre partagé pour sécuriser leur flux de données (financières, médicales ou de performances).

En vue des Jeux Olympiques 2024, plusieurs acteurs du monde sportif se sont rencontrés pour échanger sur les apports potentiels de la blockchain. Ils ont mis en avant des possibilités d’utilisations concrètes de la blockchain, en s’appuyant sur l’expertise des start-up spécialisées et du cabinet d’audit Pwc.

En effet, l’utilisation de la blockchain permettra l’émergence de nouveaux services. Repenser l’engagement des fans est possible grâce à une nouvelle façon de concevoir l’expérience utilisateur. La mise en relation en temps réel des données entre les fans et les clubs sportifs offre de nouvelles possibilités. Par exemple, pour trouver de nouveaux moyens de financement.

C’est le pari de bFan, plateforme mobile pour les clubs sportifs qui permet d’augmenter l’engagement des fans et spectateurs grâce à la création de tokens (jetons) qui seront distribués aux fans en échange d’une action. Les partenaires aussi auront accès aux tokens. Ils pourront acheter des espaces publicitaires avec les jetons. Le but de la plateforme est de financer l’économie locale à travers les clubs, les fans et les partenaires.

Dans le cadre des Jeux Olympiques 2024, le rapport Landeau suggère d’envisager la numérisation d’une partie de la billetterie des Jeux. Selon lui « les tokens donnant accès à cette cérémonie seraient émis sur une blockchain au bénéfice des personnes ayant contribué à la préparation et à l’organisation d’événements populaires autour des jeux. Ces tokens pourraient être ensuite échangés de manière transparente sur cette même blockchain, sécurisant ainsi les transactions et réduisant d’autant les risques liés à la revente au marché noir, à la contrefaçon ainsi qu’à la fraude ».

Nous y voyons de nombreuses applications possibles. A terme, la traçabilité des données, notamment médicales, sera sûrement une aide supplémentaire au repérage des cas de dopage des athlètes dans le monde sportif. Ce qui augmentera la confiance des spectateurs, des partenaires et de tous les acteurs de la filière.

Logistique & transport

Tous les secteurs peuvent améliorer leur chaîne d’approvisionnement et leur logistique grâce à la blockchain. Pourtant beaucoup de sociétés de logistique et de transport utilisent encore les documents papiers, avec des processus longs et coûteux.

La blockchain est une promesse de traçabilité du produit. Elle permet de connaître la provenance et le circuit complet d’un produit en temps réel. En effet, suivre l’historique logistique (provenance, circuit de distribution, …) devient simple avec la blockchain et les objets connectés.  

Prenons l’exemple de TradeLens. La plateforme permet le partager de millions d’événements et de documents d’expédition avec les parties autorisées sur les six continents. Elle permet de réduire les « frictions » entre les parties et de simplifier le processus commercial. Grâce à l’accès en temps réel aux données et aux documents d’expédition, il est possible de connaître en temps réel la position d’un conteneur mais aussi de contrôler sa température ou son poids.

Agroalimentaire

D’autre part, dans le secteur agroalimentaire, la traçabilité du produit représente un levier de compétitivité indéniable. Souvenez-vous, en 2013, le scandale des lasagnes à la viande de cheval a mis en avant une fraude alimentaire. Bien que nous possédions de nombreuses procédures permettant de tracer les produits alimentaires, cet exemple démontre que la fiabilité du système en place n’est pas sans faille.

Renforcer la transparence et accélérer l’identification des sources de contamination constituent des avantages considérables.

Un nombre important d’informations peut être tracé grâce à la blockchain, aux automatismes et aux objets connectés : localisation, température, humidité, date, etc. Ces données sont inscrites dans la blockchain. A terme, ils permettront surement de renforcer des labels (bio, bien-être animal, empreinte écologique, etc.). Notons également que les capteurs connectés, attachés au produit, sont capables de transmettre les données automatiquement.

Pour approfondir le sujet de la technologie numérique dans le secteur agroalimentaire, nous vous proposons de lire notre article : l’industrie agro-alimentaire et les application mobiles (+interview client)

Arts & objets de valeur

Le marché de l’art et des objets de valeur aussi se transforme et se numérise. Le développement de la blockchain dans ce secteur n’est pas étonnant.

Everledger est une startup qui développe des technologies combinant blockchain, intelligence artificielle et Internet des objets. Elle garantit la traçabilité de pierres et métaux précieux, d’œuvres d’arts, de vins et d’autres objets de valeurs. Le but est de créer un registre sécurisé sur les origines, les caractéristiques et la propriété des objets.

Concernant les diamants, Everledger recense 40 attributs (taille, couleur, pureté, poids en carat, lieu d’extraction…). Ils constituent 40 métadonnées à partir desquelles un numéro de série unique est créé. Ce numéro de série est ensuite gravé microscopiquement sur la pierre et ajouté à la blockchain avec les 40 métadonnées.

La blockchain peut aussi apporter une certaine réassurance des acheteurs dans les ventes aux enchères par exemple. La technologie est capable de régler le problème de confiance dans le produit à vendre en le certifiant et en l’authentifiant.

Par exemple, Seezart exploite intelligence artificielle et blockchain pour fournir des certificats d’authenticité des œuvres d’art. Seezart est destinée aux acteurs du marché d’art : artistes, galeries, maisons de vente aux enchères, collectionneurs, … Des preuves contextuelles et circonstancielles sont recueillies pour retracer l’historique d’une œuvre, garantir sa cote, sa valeur financière et sa rareté.

 

D’autre part, la blockchain est également souvent utilisée pour authentifier et certifier des identités, des parcours.

Notre expérience de la blockchain avec la Fédération Equestre Internationale

La Fédération Equestre Internationale

La Fédération Équestre Internationale est en charge de l’organisation des sports équestres au niveau international pour 8 disciplines, dont 3 olympiques.

Elle est composée de 134 Fédérations nationales et elle est affiliée au Comité International Olympique (http://www.fei.org/fei/about-fei).

La FEI apporte des services à l’ensemble des parties prenantes impliquées dans le sport : les fédérations nationales, les organisateurs de concours, les juges et officiels, les cavaliers et les propriétaires de chevaux, les vétérinaires, …

Nous accompagnons la FEI dans sa transformation numérique depuis plusieurs années.

Nous avons ainsi développé plusieurs sites et applications mobiles destinés à la FEI. Le but est de répondre à des besoins très divers qui vont de la traçabilité, la gestion des chevaux (suivi médical de l’animal, historique, performances et compétitions, …) à la gestion des concours, courses et autres événements équestres, … Des applications pour athlètes, pour fans, pour vétérinaires ont ainsi vu le jour.

Focalisons-nous sur le projet Horse app et sur l’ajout des fonctionnalités vétérinaires à l’application pour effectuer un suivi santé des chevaux et des données sanitaires. C’est dans ce cadre précis qu’une blockchain est créée. On vous dit tout.

Pourquoi la blockchain ?

La blockchain répond ici à un besoin réel : la traçabilité des données sanitaires des chevaux.

La volonté de la FEI est d’inclure les fédérations nationales et même les organismes gouvernementaux dans un projet de registre distribué pour suivre les données sanitaires des chevaux dans le monde.

Le système de blockchain a été choisi car il permet une traçabilité infalsifiable des événements de vaccination de chevaux.

Mettons ces informations en perspective afin de bien comprendre comment la blockchain peut aider la filière équestre.

Pour la plupart des propriétaires de chevaux, voyager avec son cheval est stressant. Faire voyager son animal engendre un grand nombre de questions à se poser : Le cheval doit-il rester en quarantaine ? Quelles vaccinations sont nécessaires ? Quels sont les exigences vétérinaires (micropuces, tests sanguin, …) ?

Pour les services sanitaires, le voyage des chevaux engendre également des questions : Est-ce que le cheval est bien identifié ? Quels ont été les récents lieux visités par l’animal ? Vient-il d’une zone à risque ? Est-ce que la certification et les attestations sanitaires du pays de provenance sont valides ?

Pour la FEI, en tant qu’organisation internationale gérant des chevaux en vue de la compétition ou des courses, il est nécessaire d’assurer une fiabilité des informations et des certificats délivrés. Les chevaux faisant l’objet de déplacements internationaux subissent des contrôles sanitaires poussés : suivi santé, vaccination, tests, isolement, …

A terme, la blockchain pourrait assurer aux organismes gouvernementaux le suivi de la localisation des chevaux et des données sanitaires ainsi que de nombreuses autres informations qui seront ancrées dans la blockchain.

Comment ça marche ?

Application Horse App

L’application dispose d’un accès vétérinaire pour assurer le suivi des vaccinations.

Sécurité d’accès, identification et notification

L’application est sécurisée grâce à un contrôle strict des accès et des identifications.

  •  Le vétérinaire (enregistré auprès de la FEI avec un numéro de vétérinaire unique) doit s’identifier (via empreinte digitale ou code de vérification)
  •  Le cheval est identifié en scannant sa puce électronique
  •  L’application récupère les données GPS du lieu de l’intervention
  •  Nouvelle identification requise si le délai a expiré

Le scan de la puce est optionnel (tous les chevaux n’ont pas de puce). Toutefois seuls les chevaux qui sont connus sans puce sont autorisés à ne pas être scannés.

Un système de notification informe le propriétaire du cheval et le vétérinaire à chaque fois qu’un cheval est scanné et qu’une nouvelle vaccination est enregistrée.

Suivi santé

Une fois le vétérinaire connecté et le cheval identifié, le vétérinaire peut accéder au détail des informations sur le cheval (identité du cheval et son historique).

Il peut effectuer différentes actions : enregistrer une vaccination, consulter les informations du registre sur le cheval (après scannage), suggérer une nouvelle vaccination.

L’inscription d’une vaccination sur le registre est nécessairement associée à une photo d’un document qui sert de preuve. Les enregistrements sont vérifiés et validés par la FEI.

 

La blockchain améliore la fiabilité des données sanitaires qui peuvent servir dans la prévention des épidémies, le suivi santé et l’historique des chevaux.

A terme on peut imaginer que cette technologie permettra une réduction ou une suppression de certaines périodes de quarantaine jusqu’alors imposées à l’animal. Par exemple, si une donnée permet de vérifier qu’il n’a pas été en contact avec des foyers épidémiques.

CONCLUSION

Vous souhaitez, comme la Fédération Équestre Internationale, commencer ou développer votre transformation digitale ? Vous désirez changer vos outils et méthodes ? Vous cherchez un levier de croissance ? Peut-être vous intéressez vous à la mise en place d’une solution blockchain ?

Il est temps de vous renouveler et d’entamer une transformation digitale globale.

Ne vous inquiétez pas. Comme pour la FEI, AxioCode peut vous aider dans votre démarche de transformation digitale.

Vous avez un projet ? Parlons-en !

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Sources :

https://www.tradelens.com/, TradeLens

https://theenergyorigin.com/, TEO, The energy Origin

La blockchain : un vecteur de croissance pour l’industrie du sport ? ,Pwc,  Avril 2019

Comprendre les blockchains : fonctionnement et enjeux de ces nouvelles technologies, Rapport n° 584 (2017-2018) de Mme Valéria FAURE-MUNTIAN, député, MM. Claude DE GANAY, député et Ronan LE GLEUT, sénateur, fait au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, déposé le 20 juin 2018